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II. Vers l’extermination industrielle des populations juives et tsiganes, Les ghettos

II. Vers l’extermination industrielle des populations juives et tsiganes,

Les ghettos

Avant la planification industrielle du génocide, les populations juives d’Europe centrale ont été d’abord « concentrées et isolées » dans des ghettos, des quartiers réservés et fermés par des murs et des barbelés dans lesquels la privation de nourriture a tué près de 800 000 hommes, femmes, enfants. Les premiers ghettos s’édifient en Pologne, à Lodz en avril 1940, Varsovie en octobre 1940 puis Cracovie, Lublin, Kielce, Czestochowa, Lvov…..En Tchécoslovaquie, le camp-ghetto de Terezin est désigné comme « site d’implantation juif » par les nazis. En 1943, l’administration nazie autorise une visite de Terezin par un comité de la Croix Rouge internationale. Mais, tout a été organisé pour faire de Terezin une « vitrine » destinée à maquiller l’horreur de la réalité. Pour limiter la surpopulation du ghetto, une grande partie de la population a été déportée à Auschwitz, des boutiques factices, des jardins d’enfants ont été aménagés... Le 23 juillet 1944, les délégués de la Croix Rouge n’y verront que du feu… 

Les Einsatzgruppen de juillet 1941 à janvier 1943

En juin 1941, les troupes de la Wehrmacht pénètrent en Ukraine et en Russie. Elles sont accompagnées par des commandos spéciaux de tuerie : les Einsatzgruppen. 33 000 Einsatzgruppen sont répartis en 4 groupes dénommés du nord vers le sud : Einsatzgruppe A, Einsatzgruppe B, Einsatzgruppe C, Einsatzgruppe D. Entre juillet 1941 et janvier 1943, ces commandos de la mort ont assassiné près de 1 300 000 personnes en les fusillant au bord de fosses communes.

Les centres de mise à mort et les camps d’extermination

Heinrich Himmler (1900-1945) supervise les déplacements de population, les arrestations, les exécutions, les déportations et la mise en place du génocide. Les centres de mise à mort et les camps d’extermination sont en principe placés sous l’autorité de l’Office Principal de Sécurité du Reich : Reichssicherheitshauptamt (RSHA) dirigé par Reinhardt Heydrich (1904-1942), puis, à partir de 1942, par Ernst Kaltenbrunner.

Le RSHA : Reichssicherheitshauptamt a été créé le 27 septembre 1939 par Heinrich Himmler pour regrouper les services de sécurité et de police du Reich. Organisé en 7 bureaux (Amt), le RSHA devient un des centres de préparation et de mise en œuvre de la « solution finale de la question juive ». Il est dirigé par Reinhardt Heydrich jusqu’à sa mort le 4 juin 1942, puis par Ernst Kaltenbrunner.

 

RSHA à Berlin : Reichssicherheitshauptamt
Supervisé par Heinrich Himmler
Dirigé par Reinhardt Heydrich jusqu’en juin 1942 puis par Ernst Kaltenbrunner

Sicherheitsdienst
SD
Service de sécurité et renseignements
Sicherheitspolizei
SIPO
Amt III (Bureau III)
Service de sécurité SS

(pour l’intérieur)

Amt VI (Bureau VI)
Service de sécurité SS

(pour l’étranger)

Amt IV (Bureau IV)
GESTAPO
Geheime Staatspolizei
« Ennemis politiques »
Détentions
Territoires occupés
Contre-espionnage
Amt V (Bureau V)
KRIPO
Kriminal Polizei
Contre les «asociaux»
Contre les homosexuels
Contre les « Tsiganes ».

Section B4 de l’Amt IV
dirigée par Adolf Eichmann.

« question juive »

Logistique des déportations

A Paris, le préposé aux « Affaires juives » est le SS Hauptsturmführer (lieutenant) Theodor Dannecker (1913-1945) jusqu’en août 1942, date à laquelle il est remplacé par l’Obersturmbannführer (lieutenant-colonel)Heinz Röthke.

Le chef supérieur des SS et de la Police (HSSPF) est Karl Oberg (1897-1965) nommé en mai 1942 par Heydrich. Ses collaborateurs sont Herbert Hagen (1913-1999) et le Standartenführer (colonel) Helmut Knochen (1910-2003) assisté de l’Obersturmbannführer Kurt Lischka, chef de la Gestapo

« La Solution finale de la question juive ». Saul Friedländer dans son livre Les Années d’Extermination publié en France en 2008 situe la décision de la mise en œuvre de la « Solution finale » dans le contexte de l’entrée en guerre des Etats-Unis, vers le 11 décembre 1941, soit quelques semaines avant la tenue de la conférence de Wannsee en janvier 1942. Hitler a-t-il donné un ordre oral ou écrit ? Adolf Eichmann (1906-1962) a participé à l’organisation de cette « Solution finale » et a reconnu au cours de son procès à Jérusalem au début des années 1960 avoir reçu un tel ordre.

 « La grande décision opérationnelle concernant les déportation de France, de Hollande et de Belgique fut prise au lendemain de la mort de Heydrich, lors d’une réunion organisée le 11 juin au RSHA par Eichmann. […]. Les déportés, tant que hommes que femmes, devaient être âgés de seize à quarante ans. […] Le projet était de déporter 15 000 juifs de Hollande, 10 000 de Belgique et 100 000 des deux zones françaises ». (Saül Friedländer, Les années d’extermination, pages 470-471).
 
Le « quota » de juifs français à déporter fut réévalué à 40 000 avec une limite d’âge étendue à 55 ans. La « perte » française fut compensée par l’augmentation du nombre de déportés en Hollande qui fut relevé à 40 000. En ce qui concerne la déportation des juifs de France, les « accords » du 2 juillet 1942 « négociés » entre René Bousquet, secrétaire général chargé des questions de police auprès de l’État français (avril 1942-décembre 1943) et Karl Oberg, haut responsable des SS et de la police en France ont une importance capitale. Au terme de ces tractations, les forces de l’ordre françaises ne sont plus « subordonnées » directement à l’occupant allemand, les juifs de nationalité française ne sont pas compris dans les déportations, mais en contrepartie, les forces de police française se chargeraient d’arrêter les juifs de nationalité étrangère dans la zone occupée et la zone libre. Selon Klarsfeld (Vichy-Auschwitz, page 101), « la seule concession des SS, l’exclusion des juifs français, est à la fois fictive, puisqu’ils sont impuissants à les arrêter eux-mêmes, et éphémère, car ils ne cèdent même pas sur le principe de les faire arrêter à leur tour tôt ou tard ». « Laisser les Allemands agir eux-mêmes, c’est épargner en même temps les juifs étrangers et les juifs français, puisque les Allemands ne réussiront à s’emparer en masse ni des uns ni des autres ». (Klarsfeld, Vichy-Auschwitz, page 365).

A la fin de l’année 1942, le « quota » de déportés français est atteint. Au cours de l’année 1942, 43 convois de déportation ont envoyé vers Auschwitz 41 951 déportés juifs dont 6 000 enfants de moins de 17 ans. (Serge Klarsfeld, Vichy-Auschwitz, page 207).

Le bureau IV du RSHA envisage pour les mois de septembre et octobre 1942 la déportation de France de 52 000 juifs supplémentaires. Mais la volonté de déporter la totalité des juifs de France se heurte à l’attitude des autorités italiennes et aux réticences de Vichy concernant la déchéance de la nationalité française des étrangers juifs naturalisés après 1933. (La loi du 22 juillet 1940 sur la révision des naturalisations avait déjà fait perdre la nationalité française à 15 154 Français d’origine étrangère dont 7 000 juifs). 17 069 juifs de France sont déportés en 1943 et 14 833 en 1944. (Serge Klarsfeld, Vichy Auschwitz, page 370).

La confirmation de la mise en œuvre de la « Solution finale » à travers les témoignages de Kurt Gerstein et Gerhart Riegner.

Kurt Gerstein affecté au service d’hygiène de la Waffen SS est témoin le 2 août 1942de l’exécution d’un transport de déportés juifs au centre de mise à mort de Belzec. Dans le train qui le ramenait de Varsovie à Berlin, il rapporta à un diplomate suédois attaché à l’ambassade de Berlin les scènes dont il avait été le témoin. Le diplomate adressa un rapport qui resta lettre morte au ministère des Affaires étrangères de Stockholm. Dans les semaines qui suivirent son retour à Berlin, Gerstein essaya s’informer le nonce et la légation suisse. Au moment de la Libération, il se rend aux troupes françaises et rédige un rapport détaillé sur ses activités. Interné à Paris, il est retrouvé pendu dans sa cellule le 25 juillet 1945.

La deuxième source confirmant le génocide est le télégramme adressé par Gerhart Riegner, directeur du bureau de Genève du Congrès juif mondial, à ses homologues de New York et de Londres, via les légations américaine et britannique de Berne, le 10 août 1942. Il les informait d’un plan visant la déportation vers l’Est et l’extermination de 3,5 à 4 millions de juifs avec l’utilisation probable d’acide prussique (Zyklon B). La source de cette information était Eduard Schulte, un industriel allemand proche de hauts dignitaires nazis. (Voir Saul Friedländer, Les années d’extermination, page569-572 et le site du Mémorial de l’Holocauste à Washington. Site Internet : http://www.ushmm.org/).

Le Congrès juif mondial (CJM) est une fédération internationale de communautés et d’organisations juives, fondée en 1936 en Suisse à Genève et dont le siège mondial est à New York.

DOCUMENT : Le télégramme de Gerhart Riegner, directeur du bureau de Genève du Congrès juif mondial. Publié dans Walter LAQUEUR, Le terrifiant secret. « La Solution finale » et l’information étouffée, Gallimard, 1981 et dans Mémoire Vivante, numéro spécial concours national de la Résistance et de la Déportation 2004-2005, n°43, octobre 2004, p.4.

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Les centres de mise à mort en Pologne, dès la fin de l’année 1941

Ils n’ont pas l’appellation de camps car rien n’a été prévu pour garder de manière longue les déportés qui sont généralement immédiatement mis à mort dès leur arrivée.

  • Ouverture en décembre 1941 : CHELMNO. Environ 150 000 victimes.
  • De Mars à novembre 1942 : BELZEC. Environ 550 000 victimes.
  • Ouverture en avril 1942-octobre 1943 : SOBIBOR. Environ 200 000 victimes. Le 14 octobre 1943, les déportés se révoltent. Une quarantaine réussit à s’échapper.
  • Ouverture en juillet 1942 : TREBLINKA. Ce centre est équipé de chambres à gaz pouvant tuer 4 000 personnes par jour. Environ entre 750 000 et 800 000 victimes. Le 2 août 1943, les détenus se révoltent. Une soixantaine réussit à s’échapper.
Les camps mixtes : camps de prisonniers, camps de concentration et camps d’extermination
  • Septembre 1941 : LUBLIN en Pologne. C’est d’abord un camp implanté dans la banlieue sud-est de Lublin (au quartier Majdanek) prévu initialement pour interner 150 000 prisonniers de guerre soviétiques. L’URSS n’ayant pas signé la Convention de Genève sur les prisonniers de guerre, ce camp devient officiellement un camp de concentration le 16 février 1943. auquel est adjoint un camp d’extermination. Environ 235 000 morts. 2 551 Français ont été déportés à Majdanek.
  • AUSCHWITZ II (BIRKENAU) est situé à 3 kilomètres du camp de concentration (Auschwitz I). En janvier 1942, la première chambre à gaz est aménagée à Birkenau (Auschwitz II). En mars 1943, 4 crématoires équipés de chambre à gaz sont opérationnels et permettent d’accélérer la « Solution finale de la question juive » avec « une capacité estimée à 4 750 corps par jour et par crématoire ». Le complexe d’Auschwitz est un camp d’extermination dans lequel près d’un million de personnes sera assassiné.
 

Raul Hilberg dans son livre sur La Destruction des Juifs d’Europe répartit le nombre de victimes juives selon les causes du décès de la manière suivante :

 
Causes de la mort

Estimation du nombre de morts

Ghettos et privations
   800 000
Fusillades des Einsatzgruppen
1 300 000
Camps d’extermination
2 700 000
Autres camps
   300 000
TOTAL
5 100 000
 

En France, selon les estimations de Serge Klarsfeld, 75 721 personnes ont été arrêtées et déportées parce qu’elles appartenaient à la religion juive. Seuls 2 500 ont pu échapper à la mort. 3 000 sont morts dans les camps d’internement français avant leur déportation, un millier a été abattu. Le total général des victimes de la « Solution finale en France » approche les 80 000. (24 500 Français juifs et 56 500 juifs étrangers). (Klarsfeld, Vichy-Auschwitz, page 360).

 


DOCUMENT : la carte de situation des principaux camps de concentration, centres de mises à mort et camps d’extermination

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Les détenus dans les camps sont identifiés par la codification de triangles de couleur :

  • Triangle rouge : détenus politiques arrêtés pour raison de sécurité
  • Triangle vert : détenus de droit commun, presque tous de nationalité allemande. Ils servent d’auxiliaires pour faire régner la discipline et l’ordre dans les baraquements (les Kapos).
  • Triangle noir : les « asociaux ».
  • Triangle violet : les témoins de Jéhovah (Bibelforsher).
  • Triangle rose : les homosexuels.
  • Triangle jaune : les juifs.
  • Les prisonniers de guerre soviétiques conservent leur uniforme sur lequel sont tracées à la peinture les lettres SU (Sowjet Union).

A leur arrivée au camp, les déportés reçoivent un numéro matricule qu’ils doivent porter de manière apparente sur leur veste. Le tatouage du numéro de matricule sur l’avant-bras gauche n’est fait qu’à Auschwitz.

 


Date de création : 08/09/2009 @ 13:55
Dernière modification : 08/09/2009 @ 13:56
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