Le fonds local des Archives départementales de l'Ardèche pour illustrer le cours d'histoire sur la France pendant la Première Guerre mondiale.
« 1914-1918 : regards décalés ».
Conception du dossier : Eric DARRIEUX, responsable du service éducatif des Archives départementales.
Numérisation des documents : Eric PENOT, service de photographie et de reproduction des Archives départementales de l'Ardèche avec l'accord de Monsieur DUPRAZ, directeur des Archives départementales.
Mise en ligne du dossier : Christine NUCCI, CDDP de l'Ardèche. Novembre 2002
Classes concernées : 3ème et 1ère selon instructions officielles du BO du 29 juin 1995, TPE des classes de lycée.
Thème historique : « D'une guerre à l'autre (1914-1939)
Approche didactique proposée :
Les 3 thèmes proposés peuvent être traités de manière indépendante les uns des autres et peuvent donner lieu à des séances de travaux de groupes interdisciplinaires en histoire, français, mathématiques (éventuellement).
Chaque enseignant reste maître de son questionnement et de sa démarche pédagogique. L'intérêt pédagogique de chaque document a été souligné et des exemples d'activités sont proposés.
Intérêt pédagogique :
Ce nouveau dossier du service éducatif des Archives départementales de l'Ardèche s'intitule « 14-18 regards décalés » car il va mettre en parallèle deux perceptions de la guerre. Le premier regard donne une vision aseptisée du conflit. Sa brutalité s'estompe derrière des statistiques, des articles de journaux destinés à « l'arrière ». La deuxième vision donne à voir le traumatisme qu'ont pu ressentir les « porteurs de mémoire » de cette « Grande Guerre » rebaptisée plus tard « Première guerre mondiale ». Photographies, lettres de poilus, carnet d'infirmier lèvent le voile sur l'horreur.
Grande cette guerre le fut par l'ampleur du massacre. Après 4 longues années au cours desquelles les hommes ont vécu les derniers jours de l'Humanité, selon l'expression du dramaturge viennois Karl Krauss, les chiffres des victimes dépassent l'imaginable de l'époque. En 4 ans, il y eut deux fois plus de morts que dans tous les conflits qui eurent lieu de 1790 à 1914 [George MOSSE]. Près de 9 millions d'hommes sont morts au combat, Stéphane Audoin-Rouzeau note qu'en moyenne, de 1914 à 1918, près de 900 soldats sont morts chaque jour sur le front français et 1300 du côté allemand [L'Histoire n° 225, p 35]. Brutalité du conflit, « brutalisation » des combattants, près de 40% des soldats français ont été blessés une ou plusieurs fois [Stéphane Audoin-Rouzeau].
Après guerre, l'Horreur de ce conflit se lit dans la chair de plus d'un million d'invalides : des aliénés, des aveugles, des gazés, des amputés et des « gueules cassées ». Ce dernier terme regroupe les blessés de la face, soit dix mille à quinze mille combattants français atrocement défigurés. Il leur sera à jamais impossible d'oublier. Le peintre allemand Otto Dix a représenté ces soldats mutilés et ses toiles traduisent l'impression d'horreur que lui a laissée cette guerre. 1914-1918, le franchissement d'un seuil dans la violence de la guerre fut dépassé préfigurant « l'âge de la guerre totale ». [Hobsbaum Eric, L'Âge des extrêmes, histoire du Court XXe siècle 1914-1991. Complexe, 1994].