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Les savants en Ardèche - Jean-Louis Soulavie
Un précurseur de la géologie au XVIIIème siècle, Jean-Louis Soulavie dit GIRAUD-SOULAVIE
Dès sa jeunesse, Soulavie s'intéresse aux sciences naturelles et à l'histoire . De 1780 à 1784, il publie son oeuvre majeure, l' Histoire naturelle de la France méridionale, en 8 volumes, restée inachevée . Dans cet ouvrage, dont une large part est basée sur des observations personnelles effectuées en Vivarais avant 1780, Soulavie se révèle comme un précurseur en géologie et géographie physique . En géologie, en effet, il pose les principes de la succession chronologique des couches sédimentaires superposées et de l'identification de celles-ci par leurs fossiles caractéristiques et il pose également les jalons du transformisme . En géographie physique, il effectue le repérage et la comparaison du matériel géologique et son façonnement par les agents morphologiques, établit les bases de la géographie des plantes (étages de végétation), fonde la notion de région naturelle (découpage du Vivarais en régions naturelles, repris par les géographes modernes) . Il a également des vues justes sur le creusement des vallées par l'érosion fluviatile et sur la datation de ces creusements . Ces idées, qui pouvaient sembler remettre en cause les données textuelles de la Bible, déclenchèrent les attaques de l'Abbé Barruel, publiées dans les Helviennes (1781-1788) . Doté de forts appuis, dont celui de l'archevêque de Narbonne, fréquentant assidûment les salons parisiens, Soulavie surmonta ces difficultés, obtint une cure en Normandie (1787), puis fut nommé vicaire général de Châlons-sur-Marne (1788), où il ne résida pas. Sa production scientifique, par contre, s'arrête étrangement à partir de 1785 et Soulavie, dès lors, ne semble plus s'intéresser qu'à l'histoire contemporaine . Grand collectionneur de manuscrits et d'estampes, il publie beaucoup entre 1789 et 1792, puis de nouveau à partir de 1799 mais nombre de ces publications, résultats de compilations ou éditions de mémoires plus ou moins authentiques, le firent passer parfois pour un faussaire (édition des Mémoires de Saint-Simon, Mémoires de Richelieu, etc...) . A partir de 1789, J.L. Soulavie adhère aux idées révolutionnaires et abandonne la prêtrise en se mariant (1792) . Il entre en 1793 au Ministère des Affaires Etrangères, est nommé résident de France à Genève (juin 1793-septembre 1794), mais reste emprisonné pendant un an après Thermidor . Dès lors, malgré des tentatives pour jouer un rôle de conseiller diplomatique auprès des gouvernements successifs, Soulavie est tenu à l'écart des emplois publics . Sur son lit de mort, Soulavie se réconcilie avec l'Eglise et avec son ancien ennemi, l'Abbé Barruel, et, ce qui est plus étonnant, se repent des erreurs publiées contre la religion dans ses livres . Il laisse à ses héritiers une fortune importante dont l'origine est mal éclaircie (publications ?) . Pour en savoir plus : Tétry (A.), "Notice sur J.L. Giraud-Soulavie" dans Dictionnaire de biographie française, T. XVI, col. 251-252. Mazon (Albin), Histoire de Soulavie (naturaliste, diplomate, historien), Paris, 1893, 2 vol. Mazon (Albin), Appendice à l'histoire de Soulavie, Privas, 1901. Aufrère (L.), Soulavie et son secret . Un conflit entre l'actualisme et le créationnisme . Le temps géomorphologique, Paris, 1952. Chevalier (Michel), "L'abbé Soulavie, précurseur ardéchois de la géographie moderne (1752-1813)" dans Revue du Vivarais, T. XC, n°2, 1986, p. 81-100. Date de création : 21/10/2005 @ 11:18 |

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